Ce week-end dans l'Ain : quand l'histoire se raconte entre pierres et créations

16 septembre 2026 · La rédaction de Sortir en Auvergne-Rhône-Alpes · Ain

Ce week-end dans l'Ain : quand l'histoire se raconte entre pierres et créations

L’Ain n’a pas son pareil pour mêler les époques sans les confondre. Ce week-end des Journées européennes du patrimoine, le département déroule un fil rouge inattendu : celui des mains qui ont façonné son identité, qu’elles aient tenu un pinceau, un outil ou une plume. Entre ateliers créatifs et récits enfouis, il y a de quoi composer un programme où chaque visite devient une conversation avec le passé.

L’artisanat comme trait d’union

À Bâgé-le-Châtel, Sylvie Guichardon invite à transformer des coloquintes et des objets du quotidien en œuvres graphiques. Son atelier, proposé le 18 septembre dans le cadre d’une exposition de peintures, rappelle que la création n’a pas besoin de grands formats pour marquer les esprits. Plus au sud, à Jassans-Riottier, l’Atelier Rouge Terre pousse l’expérience plus loin en explorant les croisements entre céramique, tricot et broderie. Leur installation collective, visible dans un nouvel espace d’exposition, joue avec les matières pour brouiller les frontières entre artisanat et art contemporain. Un clin d’œil malicieux à ceux qui croiraient encore que le patrimoine se résume aux vieilles pierres.

Le patrimoine sous un jour inédit

Si les châteaux de Rosy et de Treffort ouvrent leurs portes pour des visites libres, c’est à Izernore que le patrimoine prend une dimension presque magique. À la nuit tombée, le site antique se transforme en décor d’un spectacle conté, Le puits des vies oubliées. La conteuse Sandrine Stablo y évoque les mystérieux puits gallo-romains, ces témoins silencieux d’un quotidien disparu. Une façon poétique de rappeler que l’histoire ne se contente pas d’être regardée : elle se vit, s’écoute, et parfois même, se murmure.

Autre proposition originale, l’exposition Les belles histoires de nos entreprises locales à Belley. Organisée par le club des entreprises de Bugey Sud, elle retrace le parcours d’entreprises qui ont marqué le territoire, petites ou grandes. Un rappel utile que le patrimoine industriel et économique mérite autant d’attention que les monuments.

Notre coup de cœur : quand la photographie sauve la mémoire

Parmi toutes ces propositions, l’exposition Georges Fessy : De l’usine au Musée, la photographie en héritage à Jujurieux se distingue particulièrement. À l’occasion du bicentenaire de la photographie, elle met en lumière le travail de sauvegarde d’un patrimoine en péril, en s’appuyant sur des clichés qui captent l’essence d’un territoire et de ses habitants. Le thème des JEP 2026, « le patrimoine de la photographie », prend ici tout son sens : ces images ne sont pas de simples illustrations, mais des fragments de mémoire qui résistent à l’oubli. Une visite qui donne envie de fouiller dans ses propres albums de famille, pour y chercher ce qui, sans qu’on y prenne garde, raconte déjà notre histoire.

Et si on prolongeait la découverte ?

Pour ceux qui souhaiteraient compléter leur week-end par des visites hors des sentiers battus, l’Ain regorge de lieux où le temps semble suspendu. À Saint-André-sur-Vieux-Jonc, la Bachasse offre un cadre naturel préservé, idéal pour une balade loin de l’agitation. Plus au nord, l’abbatiale Saint-Michel de Nantua impressionne par son architecture, tandis que l’allée des platanes de Thoissey, en bord de Saône, invite à une promenade ombragée. Enfin, l’ancienne scierie de Saint-Germain-de-Joux rappelle que le patrimoine industriel mérite aussi qu’on s’y attarde.

Ce week-end, l’Ain ne se contente pas de montrer son patrimoine : il le fait vivre, le réinvente, et surtout, le partage. Une belle occasion de se laisser surprendre par des histoires qu’on croyait connaître.

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