Le Puy-de-Dôme en mouvement : marchés, art et racines entre ville et montagne
14 septembre 2026 · La rédaction de Sortir en Auvergne-Rhône-Alpes · Puy-de-Dôme
Cette semaine, le Puy-de-Dôme se révèle sous un jour à la fois gourmand, culturel et profondément ancré dans ses paysages. Entre les marchés qui célèbrent les produits du terroir, les spectacles qui interrogent notre époque et les balades qui racontent l’histoire des lieux, il y a de quoi composer un programme à son image : généreux, un peu sauvage, et jamais ennuyeux.
Quand le terroir prend la parole
Si vous cherchez une raison de monter vers le Sancy, le Marché du Mont-Dore du 11 septembre est une bonne excuse. Ici, les étals ne se contentent pas de vendre : ils racontent. Les fromages affinés dans les burons, les charcuteries fumées à l’ancienne, les laines tricotées main ou les poteries aux motifs géométriques sont autant de fragments d’un savoir-faire qui résiste au temps. À quelques kilomètres de là, La Bourboule accueille le 15 septembre son marché bio, où l’accent est mis sur la relation directe entre ceux qui cultivent et ceux qui consomment. L’occasion de goûter des légumes oubliés, des pains au levain longuement fermentés, ou simplement de discuter avec un producteur qui vous expliquera pourquoi ses carottes ont cette couleur si vive – et ce goût si franc.
Mais le terroir, dans le Puy-de-Dôme, ce n’est pas que ce qu’on mange. C’est aussi ce qu’on élève. Le Concours National Salers à Issoire, le 18 septembre, en est la preuve éclatante. Plus de 300 bêtes à la robe acajou et aux cornes en lyre, venues de 70 élevages différents, seront jugées pour leur conformité à la race. Derrière les rubans et les médailles, c’est toute une économie locale qui se donne à voir : celle de ces éleveurs qui, génération après génération, préservent une race adaptée aux pâturages d’altitude, résistante et productive. Une visite qui rappelle que l’agriculture, ici, n’est jamais une simple affaire de rendement.
L’art de marcher, l’art de regarder
Cette semaine, le Puy-de-Dôme invite à lever les yeux – et à tendre l’oreille. À Châteaugay, la Rando culturelle des 15 Croix du 18 septembre transforme une balade de 7 km en une plongée dans l’histoire locale. Chaque croix, chaque calvaire, chaque pierre moussue devient le déclencheur d’un récit, diffusé via une application audio. On imagine sans peine le promeneur s’arrêtant net, smartphone à la main, pour écouter l’histoire de cette croix de mission érigée au XIXe siècle, ou de ce lavoir où les femmes du village venaient laver leur linge en échangeant les dernières nouvelles. Une façon maline de rendre la marche plus riche, sans pour autant la surcharger de panneaux ou de bornes.
À Clermont-Ferrand, le jardin botanique propose le même jour des visites guidées d’1h30. Ce n’est pas un simple catalogue de plantes : c’est un domaine arboré où l’équipe des espaces verts partage volontiers ses connaissances, qu’il s’agisse de la façon dont une espèce s’adapte à l’altitude, ou des secrets de la flore locale. Un lieu apaisant, accessible à tous, où l’on peut aussi bien flâner seul que suivre un guide passionné.
Mais notre coup de cœur de la semaine, c’est la fresque murale de Guillaume Bottazzi à Beaumont. Réalisée en 2009, cette œuvre ne se contente pas d’orner un mur : elle joue avec la perception de celui qui la regarde. Les formes sinueuses, les tonalités chaudes, les références au corps humain en mouvement créent une expérience presque physique. On a envie de s’approcher, de reculer, de tourner autour, comme si la fresque changeait selon l’angle de vue. Une belle façon de rappeler que l’art contemporain, loin d’être réservé aux musées, peut s’inviter dans le quotidien d’un quartier.
Entre rire et mémoire
Côté spectacles, deux propositions radicalement différentes s’offrent à vous. À la Comédie des Volcans, Ariane Brodier présente Bonne le 17 septembre. On connaît l’humoriste pour son énergie débridée, son humour cash et sa capacité à transformer les petits riens du quotidien en fous rires. Son dernier spectacle, à en croire les retours, serait une plongée dans ses obsessions, ses doutes et ses victoires – le tout servi avec cette autodérision qui la caractérise. Une soirée pour rire, bien sûr, mais aussi pour se reconnaître dans les travers qu’elle met en scène.
Le même jour, au Rio, La Femme la plus riche du monde explore un tout autre registre. Ce spectacle, qui mêle photographie et récit, s’intéresse à une figure féminine puissante, ambitieuse, presque mythique. Le photographe qui la suit, lui, est présenté comme un homme à la fois fasciné et déstabilisé par son sujet. Une histoire de pouvoir, de séduction et de folie, où l’image – fixe ou mouvante – joue un rôle central. Un choix audacieux pour les mardis du Rio, qui confirme la programmation éclectique de cette salle.
Enfin, pour ceux qui voudraient prolonger l’expérience des Journées Européennes du Patrimoine, le Musée Paysan – Vie Rurale à Marat ouvre ses portes le 18 septembre. Ce n’est pas un musée comme les autres : ici, pas de vitrines poussiéreuses, mais des reconstitutions d’intérieurs, des outils agricoles, des objets du quotidien qui racontent la vie des paysans d’autrefois. On y découvre comment on faisait le pain, comment on filait la laine, comment on soignait les bêtes – et surtout, comment ces gestes, aujourd’hui disparus, ont façonné le paysage et les mentalités du Puy-de-Dôme.
Et si on sortait des sentiers battus ?
Pour ceux qui auraient envie d’ajouter une touche de nature ou d’histoire à leur semaine, le Puy-de-Dôme regorge de pépites. À Ménétrol, la Colline de Mirabel et son sentier des orchidées offrent une balade où la botanique le dispute à la vue panoramique. Les orchidées sauvages, avec leurs formes étranges et leurs couleurs vives, sont un spectacle à elles seules – surtout quand on sait qu’elles poussent ici sans intervention humaine.
Du côté de Cros, le parcours pédagogique sur les énergies renouvelables est une bonne idée pour les familles. Ludique et interactif, il explique comment le vent, l’eau ou le soleil peuvent être transformés en énergie – et pourquoi ces technologies sont particulièrement adaptées à un territoire comme le Puy-de-Dôme, où les ressources naturelles sont abondantes.
Enfin, pour les amateurs d’architecture religieuse, deux abbatiales romanes valent le détour. Celle d’Issoire, avec ses chapiteaux sculptés et ses fresques médiévales, est un chef-d’œuvre du XIIe siècle. Celle de Mozac, plus sobre, impressionne par son cloître et ses chapiteaux historiés, qui racontent des scènes bibliques avec une expressivité rare. Deux lieux où le silence et la pierre parlent encore, des siècles après leur construction.
Cette semaine dans le Puy-de-Dôme, on a l’embarras du choix : entre les marchés qui sentent bon le fromage et le pain chaud, les balades qui mêlent nature et histoire, les spectacles qui font rire ou réfléchir, et les musées qui racontent d’où l’on vient, il y a de quoi remplir ses journées – et ses carnets de souvenirs.
Pour en savoir plus
- Marché du Mont-Dore
- Marché bio de La Bourboule
- La Femme la plus riche du monde
- Ariane Brodier - Bonne | Comédie des Volcans
- Concours National Salers
- La Rando culturelle des 15 Croix, à Châteaugay
- Visite du jardin Botanique de Clermont Ferrand
- Fresque murale signée Guillaume Bottazzi
- Visite du Musée Paysan vie rurale à Marat
- DECOUVERTE DES METIERS ET DES FORMATIONS EN INDUSTRIE
- À la découverte de La Colline de Mirabel et le sentier des orchidées
- A la découverte des énergies renouvelables - Parcours pédagogique et ludique
- Abbatiale romane Saint-Austremoine
- Abbatiale Saint-Pierre de Mozac