Le Puy-de-Dôme en mouvement : quand les villages, l'histoire et les rires font la rentrée
31 août 2026 · La rédaction de Sortir en Auvergne-Rhône-Alpes · Puy-de-Dôme
La rentrée dans le Puy-de-Dôme ne ressemble à aucune autre. Ici, les derniers jours d’août et les premiers de septembre ne sont pas une simple transition entre l’été et l’automne, mais une invitation à ralentir, à écouter, et à se laisser surprendre. Pas de précipitation, pas de programme surchargé : juste une poignée d’occasions pour croiser le terroir, l’art et des visages qui racontent quelque chose. Et cette semaine, c’est Issoire qui vole la vedette.
Issoire, capitale éphémère des curiosités
Si vous ne deviez retenir qu’une seule date cette semaine, ce serait celle du 3 septembre. Le festival UN Pays UN Film y projette en avant-première française Murmure Mon Nom, le long-métrage iranien qui a raflé le Grand Prix du Jury et le Prix du Public lors de sa dernière édition. Ce n’est pas tous les jours qu’un film primé à l’international s’invite dans une petite commune comme Apchat – d’ailleurs, le festival a choisi de s’y installer pour ses projections en plein air, avec même des repas japonais à réserver pour prolonger la soirée. Une façon de rappeler que le cinéma, ici, n’est pas réservé aux grandes salles : il se vit sous les étoiles, entre voisins et voyageurs de passage.
Mais Issoire ne se contente pas de briller par le 7e art. La ville abrite aussi l’une de ces ventes aux enchères d’août qui, chaque année, attirent les chasseurs de trésors. Le 31 août, ce ne sont pas des objets de luxe qui défilent sous le marteau, mais des vinyles usés, des timbres jaunis, des meubles patinés par le temps, des bijoux aux histoires oubliées. Une brocante à l’envers, où l’on ne vient pas pour acheter du neuf, mais pour sauver un morceau de mémoire. Et si vous passez par là, prenez le temps de pousser la porte de l’abbatiale romane Saint-Austremoine : ses chapiteaux sculptés, avec leurs monstres et leurs saints, sont un livre d’images médiévales qui n’a pas pris une ride.
Entre terroir et réflexion : les marchés et les mots
Les marchés, dans le Puy-de-Dôme, ne sont jamais de simples étals. Celui de Saint-Nectaire, le 30 août, est un rendez-vous où l’on vient autant pour les fromages affinés dans les caves humides du massif que pour les conversations avec les producteurs. Ici, le terroir se déguste, mais il se raconte aussi : le temps qu’il a fait cet été, la transhumance des vaches, la recette de la truite au bleu. À une trentaine de kilomètres de là, à La Bourboule, le 1er septembre, c’est un autre visage de l’agriculture qui s’expose : le marché bio, où les légumes ont la couleur des saisons et où les producteurs défendent une autre façon de cultiver. Entre les deux, le choix n’est pas cornélien : il suffit d’y aller avec l’estomac vide et l’esprit ouvert.
Pour ceux qui préfèrent les idées aux produits, Chamalières propose le 1er septembre une conférence qui tombe à point nommé. Intitulée Autour des décolonisations : la bascule de 1944-1945, elle sera animée par Pascal Blanchard, historien spécialiste des questions postcoloniales. Dans un contexte où l’histoire se politise souvent plus qu’elle ne s’étudie, cette intervention rappelle que les savoirs, eux aussi, ont leur place dans les sorties de rentrée. Et que le Puy-de-Dôme n’est pas qu’un territoire de volcans et de fromages : c’est aussi un lieu où l’on pense, où l’on débat, où l’on se confronte à des récits qui dépassent largement ses frontières.
Rire et marcher : les autres façons de prendre l’air
La scène clermontoise, elle, mise sur l’humour pour clore cette semaine de rentrée. À la Comédie des Volcans, trois spectacles se succèdent, et c’est On ne divorce plus, le 4 septembre, qui retient particulièrement l’attention. Avec Alexandra Cholton et Philippe Souverville, le duo revisite les travers du couple avec une autodérision qui parle à tous – ceux qui ont vécu l’expérience, ceux qui l’observent de loin, et ceux qui en rigolent déjà. Un spectacle qui rappelle que le rire, parfois, est le meilleur remède contre les rentrées moroses.
Et si vous avez besoin de vous dégourdir les jambes après tant de sédentarité, le Puy-de-Dôme offre des balades qui valent tous les discours. À Ménétrol, la Colline de Mirabel et son sentier des orchidées sont un concentré de ce que la nature sait faire de plus délicat : des fleurs sauvages qui poussent entre les pierres, des panoramas qui s’ouvrent sans crier gare, et cette impression, toujours, de marcher sur un territoire qui a choisi de rester discret. Plus technique, le parcours pédagogique sur les énergies renouvelables à Cros transforme une simple promenade en leçon de choses : éoliennes, panneaux solaires, et même une maquette de barrage hydroélectrique jalonnent le chemin. De quoi occuper les enfants – et rappeler aux adultes que la transition écologique, ici, n’est pas qu’un slogan.
Cette semaine dans le Puy-de-Dôme, les propositions s’enchaînent sans se ressembler. Mais elles ont un point commun : elles refusent le bruit et la précipitation. Que ce soit devant un film primé, autour d’un étal de fromages, ou en écoutant un historien dérouler le fil des décolonisations, l’idée est la même : prendre le temps. La rentrée, ici, n’est pas une course. C’est une invitation à lever les yeux.
Pour en savoir plus
- Marché de Saint-Nectaire
- Vente aux enchères d'août
- Marché bio de La Bourboule
- Autour des décolonisations : la bascule de 1944-1945
- Tristan Lopin - Partez sans moi, je vous rejoins | Comédie des Volcans
- Meilleur Long-Métrage de Fiction du Festival UN Pays UN Film
- Thomas Piet - Koala | Comédie des Volcans
- Festival UN Pays UN Film 2026 - Les Films Primés
- Films Primés du Festival UN Pays UN Film 2026
- On ne divorce plus - Avec Alexandra Cholton & Philippe Souverville | Comédie des Volcans
- À la découverte de La Colline de Mirabel et le sentier des orchidées
- A la découverte des énergies renouvelables - Parcours pédagogique et ludique
- Abbatiale romane Saint-Austremoine
- Abbatiale Saint-Pierre de Mozac